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Pour Éloge Mwandwe: « Le M23 a repris les armes parce que Tshisekedi a refusé les accords signés sous Kabila »

Par Ben Tshokuta

Malgré les appels à un cessez-le-feu, la situation sécuritaire à l’Est de la RDC reste toujours troublante. Les combats entre les FARDC (Forces armés de la République démocratique du Congo) et les rebelles du M23 persistent. Ces derniers sont prévisibles dans bon nombre des localités, au Nord-Kivu.

Faisant la lecture de cette situation, le cadre de l’AFDC, Éloge Mwandwe a, sur ses réseaux sociaux, affirmé ce lundi 21 novembre que les accords signés avec ce mouvement terroriste sous Kabila serait à la base de la résurgence de ce mouvement.

Qu’est-ce qui serait à la base de la résurgence de M23 ? 

Pour lui, « il n’est pas question d’aller chercher la réponse ailleurs. C’est tout simplement parce que, l’actuel chef de l’Etat a refusé ces accords signés sous Joseph Kabila ».

À l’en croire, ces accords prévoient entre autres :

– que le gouvernement accepte de parachever tous les points ressortis de l’accord de 2009 avec le CNDP ;

– qu’il accepte de céder 43% des postes de commandement militaire au Nord-Kivu et 39% des postes de commandement militaire au Sud-Kivu à la seule communauté Tutsi;

– accepte la création d’une nouvelle police de proximité et de frontière sous le commandement du M23 enfin de protéger et sécuriser les 500.000 réfugiés au Rwanda, alors qu’il n’existe aucun camps des réfugiés congolais au Rwanda;

– accepter que le M23 impose des nouvelles autorités traditionnelles dans les territoires de Masisi et Rutshuru.

– À son article 5 de ces accords, affirme Éloge Mwandwe, il est stipulé que le gouvernement accepte de décréter la partie Est du pays (Nord-Kivu, Sud-Kivu, Ituri, Haut-Uele, Maniema et Tanganyika) comme étant une zone sinistrée et bénéficiera d’un statut administratif particulier, d’une autonomie fiscale et financière et d’un concept sécuritaire particulier. Le M23 devra nommer pour ce faire, les administrateurs des territoires et leurs adjoints, les maires et leurs adjoints, les bourgmestres et leurs adjoints; les directeurs des régies financières et les chefs des divisions (finance, budget, plan, aménagement du territoire, économie,…);  les responsables provinciaux de la sécurité ; ce qui montre que nous avons à faire à un État dans un Etat.

– L’art 7 du même document soutient que le gouvernement devait faciliter l’intégration des cadres politiques du M23 et accepter à les intégrer dans la gestion des institutions ; ils devront également intégrer la Présidence , la Primature, le Parlement, ainsi que nos Cours et tribunaux;

-;Autre chose c’est que le gouvernement devait accepter que la réalisation des points d’accords relatifs à la réconciliation, à la cohabitation pacifique et la cohésion sociale dans la zone sinistrée soit faite par le M23;

– que le gouvernement reconnaisse formellement les grades militaires et policiers du M23;u

– Aussi (Ndlr: chose étonnante), que le gouvernement de notre pays accepte la mise en place d’une commission d’enquête afin des poursuivre les militaires de la FARDC, tandis qu’à son article 9 dudit accord, il aussi dit que le gouvernement accepte d’amnistier les combattants du M23 soit disant pour faciliter la réconciliation;

– Au regard du principe de l’Etat, le gouvernement accepte de reconnaître tous les actes politiques et administratifs posés par le M23, explique-t-il.

Le M23 défait en 2013 ?

Au terme de plusieurs jours de violents combats, le gouvernement de la RD Congo avait annoncé, mardi 5 novembre 2013 au matin, qu’une « victoire totale avait été remportée sur la rébellion du M23. « Il n’y a plus de place dans notre pays pour quelque groupe irrégulier que ce soit », avait déclaré à l’époque le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende. De son côté, la rébellion du M23 avait proclamé la fin immédiate de sa rébellion dans l’est du pays. « À cette fin, le chef d’Etat-major et les commandants de toutes les unités principales sont priés de préparer les troupes au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration, selon des termes à convenus avec le gouvernement du Congo », déclarait Bertrand Bisimwa, chef de l’aile politique du M23, dans un communiqué.

Une mascarade d’après Éloge Mwandwe. Ce consultant en investissement et développement pense de ce fait que le M23 en 2013 et le CNDP en 2009 n’ont jamais été défaits par le gouvernement. «La preuve c’est qu’on ne signe pas d’accord lorsque vous êtes en position de force, que dire d’un ennemi déjà battu ?», s’interroge-t-il.

Alors qu’une rencontre entre les présidents Tshisekedi de la RDC, Lourenço de l’Angola, Kagame du Rwanda et Uhuru Kenyatta, l’ex chef d’Etat kenyan est prévue ce lundi à Luanda, la capitale angolaise dans le cadre du processus de Nairobi qui vise à restaurer la paix, sur la ligne du front, les combats continuent à opposer les forces loyalistes aux terroristes du M23 soutenus par le Rwanda.

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