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RDC : Le retrait de la Monusco menacé par la flambée de violence dans l’Est, les experts appellent à reconsidérer le calendrier

Par S. Tenplar Ngwadi

La détérioration alarmante de la situation sécuritaire et humanitaire dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) remet en question le plan de désengagement progressif et ordonné de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation au Congo (Monusco). Alors que le retrait de la mission onusienne avait déjà débuté au Sud-Kivu, des voix s’élèvent pour alerter sur les risques d’un vide sécuritaire aux conséquences potentiellement désastreuses.

Mardi 1er avril, devant le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, Bessole René Bagoro, membre de l’équipe internationale d’experts sur la RDC, a plaidé pour une « réflexion urgente » sur la présence de la Monusco. « La situation à l’Est aujourd’hui nous amène à dire qu’il faut même reconsidérer cette vision« , a-t-il déclaré, appelant à « la nécessité du non désengagement de la Monusco là où elle ne l’a pas encore fait et la possibilité de réoccuper le terrain là où elle s’est déjà désengagée« . L’expert a cité l’exemple du Sud-Kivu, où la Monusco a déjà amorcé son retrait, comme un cas préoccupant.

Cet appel fait écho aux inquiétudes exprimées par Bintou Keita, cheffe de la Monusco, devant le Conseil de sécurité de l’ONU à New York. Elle avait évoqué que la dégradation de la situation sécuritaire avait « un impact majeur sur les discussions entre la MONUSCO et les autorités congolaises concernant le désengagement progressif et responsable de la Mission et la transition au Sud-Kivu ». Les efforts pour planifier le retrait de la Monusco des provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri sont également « compromis« , selon Mme Keita, car « plusieurs hypothèses de planification sont désormais caduques« .

Pour Bessole René Bagoro, le départ de la Monusco doit impérativement s’accompagner d’un renforcement des capacités de l’État congolais à assurer la protection des populations civiles et à restaurer son autorité. Il insiste également sur la nécessité de soutenir le Bureau conjoint de l’ONU aux droits de l’homme, dont le travail sur le terrain est jugé « énorme« .

En novembre 2023, un plan de retrait accéléré, progressif, ordonné et responsable de la Monusco avait été signé à Kinshasa entre le gouvernement congolais et la cheffe de la Monusco. En décembre, le Conseil de sécurité de l’ONU avait prorogé le mandat de la mission jusqu’au 20 décembre 2024, tout en décidant d’initier son « retrait progressif, responsable et durable » du pays. Le Conseil avait notamment prévu le retrait de la Monusco du Sud-Kivu d’ici fin avril 2024 et la limitation de son mandat au Nord-Kivu et à l’Ituri à partir de mai 2024.

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