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« L’Assemblée nationale dans une rébellion constitutionnelle », (Tribune de Me Trésor Likonza)

Je comprendrais si Jeannine Mabunda n’était pas partie au procès devant le Conseil d’État. Et même s’il en était ainsi, ne pas obtempérer à l’arrêt du Conseil d’État, c’est créer une rébellion constitutionnelle. Lors de sa plaidoirie dans le procès 100 jours, le prévenu Vital Kamerhe a sollicité une remise mais le Tribunal le lui a refusé. Cela ne lui donne pas le pouvoir d’ignorer ou de ne pas se soumettre au jugement qui sera rendu sans préjudice de son droit de recours.

Mais l’opinion constate que l’Assemblée nationale fait une politique des australopithèques. Les actes des institutions sont contrôlés par les institutions. Tout comme l’Assemblée nationale contrôle l’action du gouvernement, les cours et tribunaux contrôlent les actes des chambres parlementaires. Puisque, pour fonctionner normalement, les chambres parlementaires transmettent leurs règlements intérieurs pour l’examen de conformité aux cours et tribunaux. C’est en effet irréfléchi de faire croire que les actes de l’Assemblée nationale échappent au contrôle du Conseil d’État ou de la Cour constitutionnelle.
Cette confusion qu’on crée délibérément laisse croire que depuis 2006, l’actuelle Assemblée nationale demeure inutile par rapport aux celles de deux législatures précédentes.

De tâtonnement en tâtonnement à sa tête.
Le Conseil d’État ordonne la suspension de l’élection du nouveau premier vice-président pour la bonne raison d’attendre l’arrêt de la Cour constitutionnelle au sujet de la constitutionnalité du vote de la pétition contre celui déchu, l’Assemblée nationale crie à l’irrégularité traduite par le refus du juge de lui accorder une remise lors de l’audience et convoque bêtement une plénière pour organiser cette élection. Quelle barbarie parlementaire!

Une chambre de l’institution qui crée les lois s’engage à violer ouvertement les mêmes loi. Est-ce l’intention de créer une crise institutionnelle?
M’évitant de parler de l’incompétence à la tête de l’Assemblée nationale, qu’il me soit loisible de faire constater que cela n’arriverait pas sous les présidents Kamerhe, Boshab et Minaku.

L’Assemblée nationale ressemble actuellement à une pourriture. Excusez-moi mais je ne sais le dire autrement.

Maitre LIKONZA BOLONGA Trésor, Juriste, Analyste Indépendant et Acteur de la Société Civile basé à Kinshasa/RDC

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