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RDC/CES-UDPS: Une nouvelle politique linguistique au centre de la matinée scientifique

Par Alain Muzi

Le Corps d’Elite Scientifique de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (CES-UDPS) a organisé sa traditionnelle matinée scientifique, jeudi 29 février, au siège de l’organisation situé sur la 7ème rue Limete résidentielle.

L’intervenant du jour, le Professeur Raymond Sangabau, a fait savoir au cours d’une interview qu’il a accordée à la presse à la fin de l’activité, que son exposé consistait à montrer comment le développement est lié à la langue et à la culture.

Le Professeur de la Faculté des lettres de l’Université de Kinshasa (UNIKIN) a précisé en outre que la culture éclaire l’environnement dans lequel l’homme se trouve.

Si ce dernier veut se développer, cela dépend de ses aspirations. Les aspirations de l’homme sont culturelles car il réfléchit, perçoit son environnement et envisage son avenir selon ce qu’il entend et selon sa propre culture.

Le Professeur Raymond Sangabau, également Directeur de l’école des langues au CES-UDPS a établi la différence entre la culture avec C majuscule et la culture avec ce minuscule.

Selon lui, le premier regroupe l’architecture, la littérature, la poésie, le chant, la danse et l’histoire d’un pays. Par contre le second concerne la façon de vivre d’un peuple et cette culture est exprimée par la langue.

Il a, à cet effet, souligné comment la culture peut dicter le comportement de quelqu’un. A titre d’exemple en Lingala on dit « Kokende liboso eza kokoma te» cela veut dire que quelqu’un peut arriver avant, il n’est pas servi mais l’autre vient après en utilisant la malice, il est servi le premier. Par contre en anglais on dit  » first comed, first saved » c’est-à-dire on sert le premier arrivé et celui qui vient après se met en rang a-t-il illustré en concluant que la culture, la langue dicte le comportement d’un individu.

« Le manque de connaissance de nos langues locales ou maternelles a comme conséquences, la perte d’identité, la perte de culture et la perte du patriotisme », a-t-il déploré.

Le Professeur Raymond Sangabau Directeur de l’école des langues au CES-UDPS a proposé une piste de solution pour remédier à ce problème qui est celle d’introduire en République Démocratique du Congo, une nouvelle politique linguistique qui pourra permettre que nos quatre langues nationales figurent désormais parmi les langues officielles à l’instar du français et de l’anglais.

Mais aussi la création d’une académie des langues pour permettre aux gens d’apprendre nos langues ; lire, écrire et parler. Cela va valoriser nos langues, notre culture.

Avec un avantage majeur, la connaissance de nos langues locales fera que les gens puissent les approprier, approprier les valeurs culturelles de notre pays parce que la langue est l’expression de la culture.

Cela, poursuit-il, fera naître un sentiment patriotique, par l’attachement à l’ethnie, à la famille et à la patrie.

Et le développement qui s’en suivra pour qu’il soit accepté, doit coïncider avec notre culture.

Il a enfin évoqué les aspects économique et éducationnel de langue maternelle et la culture.
Selon lui, l’aspect économique consiste au fait que la culture est une industrie qui se vend à travers le monde. L’académie des langues Congolaises servira d’instrument de diffusion et d’apprentissage.

Alors que l’aspect éducationnel, c’est parce que la langue maternelle et la culture facilitent la compréhension et une éducation inclusive a conclu le Professeur R. Sangabau

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