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RDC : la CENI honore l’un de ses agents de CI qui a été sauvagement agressée par la police après avoir dénoncé les mauvaises pratiques 

Par Felly Luyindadio 

Quelques jours après avoir été sauvagement agressée, traînée dans les boues et déshabillée en public par les éléments de la police dans la commune de Ngaba, suite à sa dénonciation du monnayage et des mauvaises pratiques, Rachelle Mukasa Bongela, agent préposée polyvalent au centre d’inscription du Complexe Scolaire Mwinda dans la commune de Ngaba a été honoré, ce lundi 13 février, par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), dans la salle SEP Kinshasa de cette institution indépendante.

Dans une matinée électorale organisée par le Secrétariat Exécutif Provincial accompagné des organisations de la société civile et des droits de femmes, madame, Rachelle Mukasa, qui a dénoncé les mauvaises pratiques faites par les éléments de la police de Ngaba où elle travaillait comme un agent préposé polyvalent, a reçu un brevet de mérite d’honneur afin de l’encourager.

Présent dans la salle, le Chef d’antenne de Limete, Willy Sumbela ayant vécu l’événement, a relaté ce qui s’est passé :

« L’événement s’est produit au centre d’inscription du complexe scolaire Mwinda, sur l’avenue Kisangani 49 bis dans la commune de Ngaba, une des communes d’antenne de Limete. Nous étions de passage à Ngaba auprès de l’église catholique Saint Adrien. Nous avons vu une foule immense. Les gens criés. Nous ne savons pas ce qui s’est passé. Quand nous sommes arrivés, nous avons effectivement vu, traînant par terre, une fille à moitié nue, et quand nous sommes arrivés, on ne savait pas que c’était notre agent. Deux policiers et un OPJ qui était dans ce centre d’identification là, et trois autres monsieur habillés en civils. Les policiers tenaient les pieds de Rachelle, les autres les mains et puis on l’a tabassé partout. Quand je suis arrivé, premièrement, j’ai demandé si il s’agit de qui ? Et qu’est-ce qu’elle a fait ? On m’a dit que c’est un agent de la CENI, j’ai été émotionné, très fâché et après j’ai demandé à ces policiers de lâcher la fille. Lorsqu’on a déposé la fille, elle était comme une folle, parce que du CI jusqu’à cet endroit là où il y avait de la boue partout dans son corps, elle était traînée dans la boue devant la foule. Elle a été vraiment sauvagement agressée par ces policiers », a-t-il expliqué.

Et d’ajouter :

« Je me suis interposé. La première de chose, j’ai appelé le commandant de ciat de la commune de Ngaba pour lui demander si réellement lui qui a envoyé ses éléments de la police. Comment un agent de la CENI peut être traité ainsi ? Il m’a répondu qu’il ne savait pas et m’a envoyé un S2 avec un autre policier. J’ai récupéré la fille, je l’ai fait entrer dans ma voiture et j’ai ordonné à tous ces policiers, OPJ, S2 et les autres policiers qui étaient venus de rentrer tous dans ce centre d’identification, c’est là où nous avions trouvé le président de ce centre, qui du reste, était en connivence avec les policiers qui pratiquer les monnayages (…) Je lui ai posé la question de savoir que s’est-il passé ? Il a fait son récit en chargeant Rachelle. Il a dit si toutes ces choses sont arrivés c’est à cause de Rachel parce qu’elle n’écoute pas. Comme je ne supportait pas ce qu’il me disait, j’ai demandé au PCI et Le CTT de monter dans mon véhicule pour qu’on ait à la Justice. Pendant ce temps la fille on l’avait transféré à l’hôpital qui se trouvait aux alentours de l’événement, elle a passé une nuit blanche suite à ces douleurs. Après ces policiers, CTT, OPJ S2 ont été auditionné devant la justice (…) Le rapporteur de la CENI était venu nous rejoindre et il a posé la même question que j’ai posé au PCI, et il a toujours répondu de la même manière en changeant Rachel. La fille s’est opposé de leurs réactions en disant qu’ils l’avaient dit en Lingala : « Yo encore oyo kaka te, encore olingaka osala makambu na yomoko, lelo mutu ako kufa, et mutu ya ngo ekozala yo. On va te montrer que nous, nous sommes de policiers. Quelques heures plutard elle a été traînée dans les boues. J’ai béni le seigneur parce que nous étions venus tôt, sinon, Rachel allait mourir. J’ai dis à Rachel, parfois le malheur est bon. Aujourd’hui elle est primée et elle va être primée. Ces agents là ont été verbalisés devant le général Sylvano Kasongo. Aujourd’hui les deux policiers agresseurs sont à la prison de Ndolo », a-t-il ajouté.

Prenant la parole à son tour, la jeune femme de 27 ans, fondu en larmes, a promis qu’elle va continuer à lutter contre la corruption.

« Pour moi la lutte contre la corruption n’a pas commencé aujourd’hui. Sur mon mémoire et TFC, j’avais parlé de la corruption en RDC. Je vous promets que je ne laisserai pas, et je continuerai à lutter contre ce fléau jusqu’à ce que on va l’éradiquer dans notre pays », a-t-elle déclaré.

Enfin, la CENI a appelé tout le monde à prendre Rachelle Mukasa comme modèle, et souhaite que de telles personnes soient nombreuses dans la société.

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