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RDC : un service minimum assuré aux tribunaux du travail malgré la poursuite de la grève

Par Alain Muzi

C’est par compassion pour les justiciables parce qu’il s’agit des tribunaux à caractère social, que les Juges assesseurs du tribunal du travail de la Gombe ont accepté de prester un service minimum durant la grève avec la possibilité de reprise de sa forme sèche et sévère après les vacances judiciaires au mois d’octobre au cas où leur situation n’est pas améliorée, a déclaré Eugène Badibanga Kapongo.

Dans un document transmis à la presse, le porte-parole du collectif des juges assesseurs des tribunaux du travail de la RDC persiste et signe qu’en dépit de ce service minimum assuré seulement dans 3 tribunaux sur les 9, la grève se poursuit jusqu’à ce que leurs revendications soient prises en compte.

Il rappelle que celles-ci sont fondées sur le fait que sur les 32 juges assesseurs que compte la ville de Kinshasa repartis dans les tribunaux de Matete et de la Gombe, 16 seulement sont rémunérés alors que dans la ville de Lubumbashi tous les juges sont rémunérés mais avec la moitié de ce qu’ils devraient percevoir normalement. Et dans les six autres tribunaux en provinces notamment Matadi, Boma, Goma, Kisangani, Kikwit et Kolwezi, cela fait 4 ans déjà que les juges assesseurs y prestent sans être rémunérés. En faisant des calculs, c’est pratiquement la moitié du budget global alloué aux tribunaux du travail qui est payée aux 3 tribunaux dont 2 de Kinshasa et 1 de Lubumbashi, a-t-il déploré.

Eugene Badibanga, porte-parole des juges assesseurs des tribunaux du travail de la RDC, poursuit en précisant que le ministère du budget continue à accumuler considérablement des retards de paiement de salaire de ces travailleurs pourtant mécanisés et reconnus au ministère du travail, cela en dépit de la présentation et soutenance du dossier chaque année lors des conférences budgétaires qui sont chaque fois assorties des instructions claires des premiers ministres et ministres de tutelles qui se sont succédés depuis le règne du premier ministre Matata Ponyo en 2012 jusqu’à ce jour.

Cette situation inquiétante a occasionné le premier mouvement de grève le 7 décembre 2021, qui a poussé les autorités compétentes de nous approcher et nous rassurer que la situation allait être résolue les jours suivants. Nous avons attendus jusqu’au mois de janvier de l’année 2022 en cours et nous avons constaté malheureusement que la loi financière exercice 2022 n’avait pas pris en compte nos revendications et nous avons résolu revenir à l’autorité, dont les propos n’ont pas été rassurants, cela nous a poussé à reprendre la grève depuis le 4 mars dernier.

Il a insisté que le travail des juges assesseurs des tribunaux du travail de la RDC ne pourra reprendre de plus bel et normalement que si leurs revendications sont respectées.

Selon lui, des chiffres importants en terme des recettes seraient signalés au trésor public, une grande première depuis que la RDC a accédé à la souveraineté internationale mais malheureusement ceux qui doivent oeuvrer dans la justice pour que cet Etat des Droits tant souhaité, cheval de bataille du Président de la République Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo soit instauré, sont minimisés et clochardisés, c’est paradoxal, a-t-il fustigé.

Eugène Badibanga porte-parole des juges assesseurs des tribunaux du travail lance un cri de détresse pour bénéficier d’un regard compatissant des autorités pour que leur situation soit décantée, en regrettant que cela ne devait pas être ainsi, parce que c’est un droit qu’ils réclament et non de l’aumône.

Il a conclu en précisant que les tribunaux du travail participent à l’instauration de la paix sociale et à l’amélioration du climat des affaires.

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