Kinshasa s’apprête à un tour de vis sur ses routes. Le ministre provincial des Transports et de la Mobilité Urbaine, Jésus-Noël Sheke, a annoncé la prolongation du délai pour le contrôle technique obligatoire des véhicules jusqu’au 17 novembre. Parallèlement, il lance une vaste campagne de discipline routière baptisée “Tosa ba tosa yo”, promettant une application “inflexible” des nouvelles règles face à l’incivisme routier. Cette première mesure, répondant aux instructions du gouverneur, offre un sursis aux usagers pour se conformer à une exigence cruciale pour la sécurité routière dans la mégalopole congolaise. Mais l’ambition de Jésus-Noël Sheke va bien au-delà. La campagne “Tosa ba tosa yo” – “Obéis pour être obéi” en lingala – vise à en finir avec le chaos routier. Si son application effective ne débutera que le 5 janvier 2026, une phase d’information de 45 jours précédera cette échéance, notamment sur l’obligation d’une carte professionnelle pour tous les conducteurs. Dès le 10 novembre, des supports visuels seront déployés pour la sensibilisation. Le ministre a prévenu : les sanctions iront des amendes à la confiscation du véhicule ou de la carte professionnelle, et il se montrera “inflexible”. Face à l’anarchie souvent décriée sur les artères kinois, cette initiative suscite un mélange d’espoir et d’interrogations au sein de la population. Si l’aspiration à un trafic plus fluide et sécurisé est forte, l’efficacité et l’équité de l’application de ces nouvelles mesures seront scrutées. Les Kinois attendent une réelle amélioration, mais aussi une transparence et une absence d’abus dans la mise en œuvre de cette fermeté annoncée. S. Tenplar Ngwadi
Day: November 3, 2025
RDC : À la CNN Global Conference, Judith Suminwa Tuluka fixe le cap : paix, économie, leadership féminin
La Première Ministre de la République Démocratique du Congo, Judith Suminwa Tuluka, a marqué de son empreinte la CNN Global Perspectives Conference on Africa. Lors d’un échange de haut niveau avec Melissa Bell de CNN, elle a délivré un message clair et percutant, articulé autour de trois priorités stratégiques pour son pays et le continent. Au cœur de son intervention, la cheffe du gouvernement congolais a insisté sur l’urgence d’un retour durable de la paix dans l’Est de la RDC, soulignant l’impératif de protection des populations civiles. Elle a également plaidé pour des partenariats économiques plus équitables, fondés sur la transformation locale des minerais stratégiques, afin de créer des emplois et de la valeur ajoutée sur le sol congolais. Enfin, Judith Suminwa Tuluka a mis en avant la promotion du leadership féminin, qu’elle considère comme un moteur essentiel pour un développement plus inclusif. Cet échange, qui a souligné l’importance de la voix congolaise sur la scène internationale, s’est déroulé en présence du Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, ainsi que de nombreux dirigeants internationaux et investisseurs majeurs. Parmi eux figuraient des représentants de poids comme DP World, Afreximbank, MTN ou encore Tony Elumelu, témoignant de l’intérêt porté aux enjeux soulevés par la Première Ministre. La rédaction
CAF Ligue des Champions : Le FC Lupopo face à un défi colossal en phase de groupes
Le FC Saint-Éloi Lupopo se prépare à un parcours semé d’embûches en Ligue des Champions de la CAF. Le tirage au sort de la phase de groupes a placé les Cheminots dans le Groupe C, un véritable défi face à des cadors du football continental. Les représentants congolais devront en découdre avec le Mamelodi Sundowns d’Afrique du Sud, récent finaliste et référence incontestée, Al Hilal du Soudan, habitué des joutes africaines et réputé pour sa rigueur tactique, ainsi que le MC Alger d’Algérie, un club expérimenté sur la scène internationale. Pour Lupopo, cette confrontation est à la fois une opportunité de se mesurer aux meilleurs et un test grandeur nature. Les Cheminots devront faire preuve de cohésion, de talent individuel et d’une stratégie irréprochable pour espérer rivaliser avec ces formations de haut niveau. Au-delà de la qualification, cette campagne africaine permettra au club de Lubumbashi d’évaluer sa progression et d’affirmer ses ambitions sur l’échiquier continental. Le défi est immense, mais il est aussi porteur d’un grand espoir pour les supporters et l’ensemble de la communauté sportive. Emmanuel Kalasa
CAF – Interclubs : Maniema Union dans un groupe relevé, le Wydad en épouvantail
L’unique représentant de la République Démocratique du Congo, l’AS Maniema Union, connaît désormais ses adversaires pour la phase de groupes des compétitions interclubs de la CAF. Le tirage au sort, effectué ce lundi à Johannesburg, a placé le club de Kindu dans un groupe relevé. Versé dans le Groupe B, Maniema Union devra en découdre avec le Wydad Athletic Club (WAC) de Casablanca (Maroc), Azam FC (Tanzanie) et Nairobi United (Kenya). La tâche s’annonce ardue pour les Kindusiens face notamment au géant marocain, le Wydad de Casablanca, habitué des joutes continentales et figurant parmi les poids lourds du football africain. Azam FC, bien que novice à ce stade de la compétition, ne sera pas à sous-estimer. Le club tanzanien pourra compter sur l’expérience de son nouvel entraîneur, le tacticien congolais Florent Ibenge, dont le palmarès continental est éloquent. Le coup d’envoi de cette phase de groupes est prévu entre le 21 et le 23 novembre. Ali Biayi
RDCongo: Delly Sessanga défend son passé “armé” et rejette l’étiquette de rébellion
L’opposant congolais Delly Sessanga Hipungu, ancien député national et figure critique du régime actuel, a choisi une tribune étudiante à Kinshasa pour revenir sur son passé controversé aux côtés du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD). Il a tenu à clarifier sa position, réfutant l’idée d’une “rébellion” et insistant sur la notion de “lutte armée”. Face aux étudiants des différentes universités de la capitale, le président du parti Envol a d’abord établi une distinction fondamentale. Pour lui, son engagement passé ne relevait pas de la rébellion, mais bien d’une lutte armée. Sessanga a argumenté que recourir aux armes contre un pouvoir qu’il jugeait “en panne de légitimité et de légalité” constitue une lutte armée, réservant le terme de rébellion à l’opposition contre une autorité légalement établie. L’ancien parlementaire a fermement nié toute implication dans des violences. « Pendant ma lutte armée, je n’ai tué personne. Si vous avez des preuves matérielles, démontrez cela. Vous connaissez bien les seigneurs de guerre de ce pays », a-t-il lancé, invitant à la nuance et à la distinction. Delly Sessanga a même revendiqué un héritage positif de son action, affirmant que c’est grâce à ce “combat armé” que la RDC est aujourd’hui dotée d’une constitution démocratique, et que la stabilité des institutions du pays a pu être instaurée. Ali Biayi
Kinshasa : Face à l’affluence, le contrôle technique des véhicules prolongé, un sursis bienvenu pour les Kinois
Un vent de soulagement souffle sur la capitale congolaise. Le contrôle technique obligatoire des véhicules, initialement prévu pour démarrer ce lundi 3 novembre 2025, a été reporté de deux semaines, offrant un sursis aux automobilistes jusqu’au lundi 17 novembre. L’annonce a été faite dimanche soir sur les antennes de la RTNC par le ministre provincial des Transports, Jésus-Noël Sheke, agissant sur instruction du gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba. Justifiant cette décision, le ministre a souligné que « l’engouement observé ces derniers jours prouve la volonté des Kinois de se conformer à la loi. Pour éviter toute précipitation, nous avons accordé un délai supplémentaire de 14 jours ». Cette affluence, marquée par des files d’attente interminables et des conditions parfois difficiles dans les centres de contrôle, avait mis sous pression des centaines de conducteurs désireux de régulariser la situation de leurs véhicules. Ce sursis offre ainsi aux automobilistes un délai précieux pour s’acquitter de cette obligation sans la bousculade des derniers jours. Le gouvernement provincial espère, quant à lui, que cette extension permettra une meilleure organisation des opérations et une fluidité accrue dans les centres de contrôle à travers la ville. Nathan Kumba
RDC : Suspension de partis politiques, Jean Claude Katende redoute un embrasement sécuritaire
La décision du gouvernement congolais de suspendre les activités de plusieurs partis politiques, accusés de complicité avec des groupes rebelles, suscite de vives inquiétudes. Jean Claude Katende, président de l’ASADHO et figure de proue de la société civile, alerte sur les potentielles retombées sécuritaires de cette mesure, craignant une radicalisation de l’opposition. Connu pour son activisme et son ton souvent élevé sur les questions politiques, Jean Claude Katende a exprimé ses craintes sur X (anciennement Twitter). Selon lui, « la stratégie du régime Tshisekedi d’asphyxier les partis politiques de l’opposition, en leur privant un espace démocratique, va les pousser à agir en clandestinité et à recourir aux moyens illégaux pour résister et pour accéder au pouvoir ». Il estime que cette situation pourrait aggraver la crise sécuritaire déjà présente dans l’Est du pays. Le gouvernement, pour sa part, justifie ces suspensions en invoquant le non-respect des devoirs démocratiques et des lois régissant le fonctionnement des partis politiques. La décision, émanant du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, frappe des formations politiques de premier plan. Parmi elles, le PPRD de Joseph Kabila, ainsi que les partis de Matata Ponyo, Franck Diongo, José Makila et Seth Kikuni. Cette vague de suspensions intervient dans un contexte politique tendu, où les enjeux de stabilité et de sécurité sont primordiaux pour la RDC. Ali Biayi
RDC : À Gemena, le parti Lisekwa ya Congo du Professeur Sanguma naît sous une “pluie de bénédiction” pour la renaissance du pays
Sous une pluie battante, interprétée par les participants comme une “bénédiction du ciel”, le Professeur Docteur Sanguma Temongode Mossai a officiellement lancé son parti politique, Lisekwa ya Congo, ce dimanche à Gemena. Cet événement marque la naissance d’une nouvelle formation politique qui se veut un symbole de renouveau et d’espérance pour la République Démocratique du Congo. « Cette pluie n’est pas un obstacle, mais une bénédiction du ciel. Elle symbolise la purification, le renouveau et la promesse d’un Congo qui se relève », a déclaré le Professeur Sanguma devant une foule enthousiaste rassemblée sur la place publique. Placée sous le thème éloquent de la « Revitalisation et Unité pour la Renaissance de la République Démocratique du Congo », cette cérémonie a rassemblé des délégations venues de plusieurs provinces. Le Professeur Sanguma a expliqué que « Lisekwa » signifie renaître, se relever, revivre, incarnant ainsi la mission du parti : redonner vie à la nation congolaise à travers la foi, la conscience citoyenne et le travail collectif. « Le Congo peut revivre. Notre pays porte en lui le souffle de la vie et la force de l’unité », a-t-il affirmé. Le président national a martelé l’importance d’une gouvernance responsable et transparente, qu’il juge indispensable à la reconstruction du pays. Le mouvement s’engage à promouvoir la jeunesse, l’entrepreneuriat, le rôle des femmes dans la paix, la sagesse des aînés et la mobilisation de la diaspora pour le développement. « Le temps des lamentations est révolu. Le Congo n’a pas besoin de spectateurs mais de bâtisseurs », a lancé le Professeur Sanguma Temongode Mossai, dans un appel vibrant. La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère d’unité et de ferveur patriotique, la pluie continuant de tomber doucement sur les participants. « Depuis Gemena, sous cette pluie de bénédiction, nous proclamons que le Congo va revivre. Lisekwa ya Congo est né pour unir, servir et transformer », a conclu le Président national, avant de lancer un message d’espérance : « Que Dieu bénisse le Congo, que vive Lisekwa ya Congo, et que vive la République Démocratique du Congo ! » Folguy Isanga
Sommet de Doha : Le Président Tshisekedi porte la voix de la RDC face à la crise sécuritaire et aux inégalités mondiales
La République Démocratique du Congo (RDC) continue d’affirmer sa présence sur la scène internationale. Le Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo est arrivé ce dimanche à Doha pour participer au deuxième sommet mondial pour le développement social, organisé du 4 au 6 novembre sous l’égide de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Accueilli chaleureusement par les autorités qataries, le Chef de l’État et la Première dame Denise Nyakeru ont pris leurs quartiers dans la capitale du Golfe, prêts à prendre part à ces importantes assises. Pendant deux jours, Chefs d’État et de gouvernement, décideurs et organisations humanitaires se réuniront pour élaborer des stratégies visant à lutter efficacement contre la pauvreté, les inégalités et l’exclusion sociale, tout en promouvant le travail décent, la justice sociale, la solidarité et l’égalité. Ce forum de haut niveau représente une nouvelle opportunité pour le Président Tshisekedi de faire entendre son plaidoyer en faveur de la RDC. Du haut de la tribune du Centre national des congrès du Qatar, il entend sensibiliser les dirigeants mondiaux aux conséquences désastreuses de la crise sécuritaire et humanitaire qui frappe l’Est du pays, provoquée par la guerre de prédation menée par le Rwanda et la coalition AFC/M23. Cette visite de 48 heures est également l’occasion pour le Président de remercier la monarchie du Golfe pour ses inlassables efforts de médiation entrepris depuis plusieurs mois en faveur d’une paix durable dans la partie orientale de la RDC. En marge du sommet, le Chef de l’État tiendra des rencontres bilatérales avec les autorités qataries pour évoquer des questions d’intérêt commun. Ces échanges s’inscrivent dans un contexte de coopération économique renforcée, le Qatar étant engagé, via sa multinationale DP World, dans la construction du port en eaux profondes de Banana, sur la côte atlantique congolaise. La rédaction