Une correspondance du cabinet du président de la République adressée au Vice-premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, demandant de surseoir à l’examen des motions dans les assemblées provinciales, a ravivé les tensions sur l’équilibre des pouvoirs en République démocratique du Congo. La mesure, justifiée par la présidence comme un acte de préservation de la stabilité institutionnelle, est dénoncée par plusieurs juristes comme une ingérence contraire à l’autonomie des assemblées provinciales. Qualifiées de « tentatives de déstabilisation des institutions », les récentes séries de motions de censure ciblant des gouverneurs de province ont poussé la présidence à intervenir, invoquant une nécessité de garantir l’ordre républicain. Mais cette démarche divise : si certains y voient une réponse politique à des manœuvres locales jugées abusives, d’autres y dénoncent un excès de pouvoir, fustigeant une atteinte à la séparation des compétences garantie par la Constitution. Pour la présidence, il s’agit d’une action légale face à des motions parfois motivées par des intérêts personnels ou politiques, sans fondement sérieux. Cependant, plusieurs analystes et constitutionnalistes rappellent que les assemblées provinciales disposent d’un pouvoir de contrôle propre, que ni l’exécutif central ni son cabinet ne peuvent légalement suspendre. Pendant ce temps, à Kinshasa, le ministre de l’Intérieur a entamé des consultations avec les gouverneurs et les présidents des assemblées provinciales, dans le but de restaurer un climat institutionnel apaisé. Mais la question demeure : entre stabilité nationale et respect de l’autonomie provinciale, où tracer la ligne rouge ? Ali Biayi
Day: November 6, 2025
RDC : À Lubumbashi, le ministre des Mines suspend les activités de CDM après un grave incident environnemental
Le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, a ordonné ce jeudi 6 novembre 2025 la suspension immédiate, pour une durée de trois mois, des activités de la Compagnie minière CDM à Lubumbashi. Une décision prise à l’issue d’une visite de terrain, après la rupture d’un bassin d’eaux acides ayant provoqué une pollution majeure dans le quartier Kasapa. Face à l’ampleur des risques sanitaires pour la population, cette mesure conservatoire vise à sécuriser les habitants et à permettre une enquête technique sur les responsabilités de l’entreprise. Le gouvernement pourrait envisager des réparations environnementales et un soutien aux victimes, selon les résultats des investigations en cours. Emmanuel Kalasa, correspondant à Lubumbashi
COP30 : À Belém, le Président Félix Tshisekedi porte la voix du Couloir Vert congolais
Le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, est arrivé au Brésil pour prendre part à la COP30, sommet mondial sur le climat qui se tient à Belém, au cœur de l’Amazonie. Il s’agit de sa première participation à une Conférence des Parties depuis la COP26 de Glasgow en 2021. Solidaire des efforts du président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva pour mobiliser des financements internationaux en faveur de la préservation des forêts tropicales, Tshisekedi entend profiter de cette tribune planétaire pour promouvoir l’initiative congolaise du « Couloir Vert ». Créé par décret présidentiel le 15 janvier 2025, ce corridor écologique de 540 000 km² relie les forêts tropicales de l’Est du pays à Kinshasa. Il incarne la volonté du gouvernement congolais de concilier développement économique, conservation de la biodiversité et lutte contre le changement climatique. À la COP30, le chef de l’État congolais présentera cette vision devant ses homologues et les partenaires internationaux, en insistant sur l’importance de financements innovants pour concrétiser une croissance verte et inclusive au cœur du bassin du Congo, deuxième poumon écologique mondial après l’Amazonie. La rédaction
RDC : Christelle Vuanga et Aimé Boji pressentis pour diriger le bureau de la prochaine Assemblée nationale
La perspective d’une nouvelle législature en République démocratique du Congo relance les traités sur la composition du futur bureau de l’Assemblée nationale. Deux noms reviennent avec insistance dans les discussions politiques : Christelle VUANGA pour le poste de Rapporteur adjoint et Aimé BOJI SANGARA pour la présidence de l’Assemblée nationale. Un choix stratégique autour de la représentativité et de la compétence Les consultations en cours mettent en lumière une orientation politique qui semble privilégier la complémentarité régionale et la diversité. La mise en avant simultanée de ces deux personnalités traduites, selon les observateurs internes, une volonté de conjuguer compétence et équilibre géopolitique au sein de la direction parlementaire. Même si aucune décision officielle n’a encore été prise, leur présence récurrente dans les débats témoigne du poids politique qu’ils exercent et de la confiance que leur accordent plusieurs acteurs parlementaires. Christelle Vuanga : rigueur et voix féminine au cœur du bureau Christelle VUANGA est présentée comme une candidate sérieuse au poste de Rapporteur adjoint. Députée nationale reconnue pour son engagement en faveur de la transparence et de la participation des femmes, elle incarne, selon les éléments disponibles, un profil allié sens de l’organisation et impartialité — qualités essentielles pour une fonction pivot dans la communication institutionnelle et la gestion interne de l’Assemblée. Sa nomination serait perçue comme un signal fort en faveur d’une meilleure représentativité des femmes dans les hautes instances de l’État et comme un pas vers une plus grande diversité au sein de la gouvernance parlementaire. Une configuration qui en dit longtemps sur les attentes pour la prochaine législature La focalisation sur la compétence, la représentativité et l’équilibre géopolitique résume les attentes affichées par une partie de l’opinion publique et des acteurs politiques. Ces perspectives offrent un aperçu des dynamiques internes qui pourraient marquer la prochaine législature : un bureau parlementaire pensé pour concilier la légitimité politique et les exigences institutionnelles, avec un accent particulier sur l’inclusion et la transparence. En l’absence d’annonces officielles, il restera à observer comment ces options se confirmeront dans les arbitrages finaux et quelles répercussions elles auront sur le fonctionnement et la gouvernance de l’Assemblée nationale. S. Tenplar Ngwadi